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Catherine Deneuve s'exprime sur Marilyn Monroe (interview 2012)

Publié le par Sarah

Catherine Deneuve est une grande admiratrice de la blonde icône. Elle avoue sa fascination pour l'actrice.

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Où étiez-vous le jour où l’on a annoncé la mort de Marilyn ?

Chez moi, à Paris. Ce fut un véritable choc. Marilyn était si belle, si jeune, on ne meurt pas à 36 ans ! Marilyn est la plus belle image que j’aie jamais vue sur un écran. Je suis une de ses grandes admiratrices. J’aurais adoré la rencontrer. Fin 1968, je suis partie pour Hollywood tourner “Folies d’avril” avec Jack Lemmon. Quand on m’a dit que ma coiffeuse, Agnes Flanagan, avait été la sienne, j’ai été très émue. Je n’ai jamais osé lui poser la moindre question, mais il y avait quelque chose de très intime, simplement de savoir qu’elle lui avait touché les cheveux. Elle m’a d’ailleurs confié, un jour, que, à cause de toutes ses décolorations pour rester blond platine, elle avait les cheveux très abîmés. Marilyn elle-même qualifiait sa couleur de “blanc taie d’oreiller” ! Il y a eu tellement de livres écrits sur elle, de documentaires que j’ai l’impression qu’elle est encore là.

Qu’est-ce qui vous fascine tellement chez elle ? Le mythe ? La femme ? 

L’actrice. Je n’ai de cesse d’admirer l’actrice extraordinaire qu’elle a été et qu’on a trop souvent sous-estimée. Elle est bouleversante et, de plus, dotée d’un physique exceptionnel. Comment oublier dans “Certains l’aiment chaud” le plan où elle entre dans le wagon ! Tout est joli chez elle, gracieux. Elle est comme un petit chat, merveilleuse d’innocence, de légèreté et de générosité. On sent, derrière les apparences, une véritable inquiétude et des interrogations profondes. Elle n’est qu’émotion. Elle a le cœur fragile. Pour moi, sa voix évoque peut-être encore plus de choses que son image. Quand je l’écoute dans d’anciennes interviews, j’entends une petite fille parler. Sa vulnérabilité me touche énormément. Elle fut une grande amoureuse, elle aurait été une bonne mère.

Qu’a-t-elle de plus que les autres pour avoir si bien résisté au temps ? 

Elle est intemporelle. Quand elle pose, elle a toujours le visage, le buste et les épaules tournés vers la lumière. Il y a quelque chose d’incandescent et de lumineux qui se dégage d’elle, comme si elle était éclairée de l’intérieur.

Après tant d’années, de nouvelles photos d’elle continuent à resurgir. Vous ne trouvez pas ça étonnant ? 

Je crois que, lorsque les photographes commençaient à travailler avec elle, ils ne pouvaient plus s’arrêter, et elle non plus. Je pense que, tout simplement, elle adorait ça. Quand elle pose, la tête un peu renversée, les yeux mi-clos, jamais vulgaire, jamais obscène, elle est disponible et s’offre totalement. Marilyn semble toujours très gaie sur les photos, mais l’était-elle vraiment ? On perçoit toujours en sourdine une certaine tristesse, qui lui vient sans doute de son enfance. Pourtant, quand elle sourit, elle sourit même avec les yeux.

On dit que Hollywood l’a détruite…

Tout a été dit et écrit sur sa mort, que cela avait été un suicide, un accident, un meurtre… J’aurais tendance à penser qu’elle s’est suicidée, mais ce n’est pas ce qui m’intéresse. Ce qu’elle est demeure indissociable, pour moi, de ce qu’elle exprime. Il n’y a pas une actrice sur qui l’on ait autant écrit depuis sa mort, et dont on a tellement utilisé l’image. On ne cesse depuis cinquante ans de la redécouvrir et on continuera à le faire. Il y avait chez elle une fraîcheur que rien ne pouvait esquinter (Source)

MARILYNM

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